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dimanche 6 mars 2011

Appréciant la peinture des XV et XVIe et les histoires sur l'empire ottoman, le pitch de roman ne pouvait que me séduire.

Sa lecture m'a laissé un vague goût d'inachevé, de superficiel. A peine si je trompais mon ennui sur les rives du Bosphore, même si c'était dans les senteurs de camphre, les reflets de porphyre et au son des oud, saz et autres kaman.

J'ai le vague sentiment que l'auteur a agrégé quelques anecdotes historiques qu'il a retrouvées cà-et-là, mais qu'il ne s'est pas approprié la profondeur de cette expérience mystique et spirituelle. Certes, nous sommes aux confluences de l'Orient et de l'Occident. Mais j'aurais aimé davantage de densité, attendre avec hâte de me replonger dans les allées de Constantinople, et y accompagner cet Artiste si majestueux.

Les chapitres sont trop courts pour que je m'en imprègne. J'ai préféré les livres de Chauveau sur Lippi, Botticelli et autre Vinci.

Ca se lit vite, comme un musée qu'on visite à la va-vite.
Afyiet Olsun!

mercredi 23 février 2011

Un article de "La Vie Littéraire" (2°11)

Un article de Gwen Garnier-Duguy dans le magazine en ligne La Vie Littéraire :

Mathias Enard, Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants

L’auteur du très remarqué roman Zone, couronné par les prix Décembre et Livre Inter, nous sert, en cette rentrée littéraire, une œuvre aux antipodes de ce qui avait fait courir sa plume dans son texte précédent. Nous sommes à Constantinople en 1506. Michel-Ange, furieux contre les humeurs du Pape, quitte l’Italie à l’invitation du sultan Bajazet qui le sollicite pour la création d’un pont sur la Corne d’Or. Avant lui, son ainé et rival Léonard de Vinci, sur le même projet a planché. Et échoué. Son idée de pont n’ayant pas eu l’heur d’agréer au sultan.

Sur ces bases historiques réelles, Mathias Enard déroule la pelote d’une écriture chatoyante, érudite et raffinée, tissant un récit où la noblesse de Bajazet est discrètement mise en relief, où le génie du maître italien est croqué par touches savantes, où la pensée verticale de l’art est approchée magnifiquement.

La métaphore, naturellement, est évidente : édifier un pont entre les civilisations, le musulman convoquant le plus grand artiste européen de l’époque pour jeter une voie sur la Corne d’Or. Mais au-delà de la belle métaphore, le lecteur peut s’interroger sur les raisons qu’a eu Mathias Enard, que l’on sait érudit, préoccupé par le grand mouvement de l’Histoire, par la violence du réel moderne, de nous offrir, l’air de rien, cette rêverie située au XVI ème siècle.
Faut-il, pour goûter ce roman, se plonger dans le contexte de l’époque ?


Quelques phrases, dont celle-ci, nous invitent à deviner le dessein de cette œuvre forte : « Autour de l’ancienne église italienne de Saint-Dominique transformée depuis une dizaine d’années en mosquée se trouve le quartier andalou, où se sont installés les expulsés de Grenade ; le sultan a chassé les dominicains de leur couvent pour l’offrir aux réfugiés, en compensation de la brutalité des Rois Catholiques ». Ou celle-ci : « Le 14 septembre 1509, au moment même ou Michel-Ange débute le chantier de la chapelle Sixtine, un terrible tremblement de terre frappe Istanbul. (…) L’enduit qui recouvre les mosaïques byzantines de la basilique Sainte-Sophie tombe, révélant les portraits des évangélistes, qui protègent si bien les églises, disent les chrétiens, que pas une seule n’est touchée. » Ou encore : « Combien faudra-t-il d’œuvres d’art pour mettre la beauté dans le monde ».

Les ponts entre les civilisations, sans doute sont-ils à construire dans les cœurs. Car les éléments dispensés sur la carte romanesque par Enard parlent sans discourir ni expliquer. Michel-Ange commence à peindre son chef d’œuvre absolu au plafond de la Sixtine lorsque le pont commencé pour le sultan s’écroule. Les Evangélistes réapparaissent dans ce même mouvement de tremblement. Il y a des gouffres qu’aucun pont ne saurait combler, fut-il animé des intentions les plus pures.

Ce roman de Mathias Enard est un petit bijou d’élégance intellectuelle, une épée dissimulée dans l’étincellement d’un fourreau de bienveillance à l’égard des peuples, et de lucidité vis-à-vis d’un monde, et d’une langue.

Gwen Garnier-Duguy

http://www.lavielitteraire.fr/index.php/parle-leur-de-batailles-de-rois-et-delephants

vendredi 18 février 2011

Critique...


ROMAN

4

S'immerger dans une ville inconnue, observer les visages, se laisser pénétrer par des fragrances singulières et, parfois, goûter à la peau d'une créature au sexe indécis : voici Michel-Ange, le grand artiste de Florence, qui, en mai 1506, débarque à Constantinople. Il est venu à l'invitation du sultan pour construire un pont qui enjambera la Corne d'Or. Le Florentin est un peu perdu, maladroit à observer le protocole quand il rencontre le grand vizir entouré de ses janissaires, méfiant à l'égard des puissants, devant lesquels il faut toujours s'abaisser. Ce n'est pas nouveau : face au pape Jules II, pour lequel il a conçu un mausolée, il a déjà dû se comporter ainsi.

A Constantinople, il dispose d'un atelier, d'une poignée de dessinateurs et d'ingénieurs. Et il attend que la vision du pont lui apparaisse, laissant l'inspiration lui dicter des dessins de chevaux, d'astragales ou de cet animal curieux qu'on appelle éléphant. Il trace des mains aussi, qui trahissent la fidélité ou le désir. Michel-Ange s'ennuie, doute, s'emporte, habitué à se méfier de ceux qui l'entourent, lui qui sait d'expérience combien les complots et les jalousies peuvent soudain surgir. Il est d'un autre monde, d'une autre culture, et n'est réellement à l'aise que penché sur ses carnets. Ni l'amitié d'un poète, ni l'ondoiement d'un corps de danseuse qui s'offre à lui, ni le vin capiteux des tavernes, ni même les promesses d'argent ne parviennent à le rassurer. L'artiste attend, et semble se confier au lecteur.

C'est un voyage merveilleux auquel nous convie l'auteur, rythmé par les clameurs et les chuchotements, baigné de couleurs et de parfums. L'écrivain Enard observe l'artiste Michel-Ange, respecte ses silences et ses hésitations, le suit dans les ruelles sinueuses et s'en fait un discret complice. Et l'écriture est comme le dessin : tantôt sensuelle comme les clairs-obscurs, tantôt tranchante comme la pierre aiguisée.

jeudi 17 février 2011

Critique...

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants de Mathias Enard aux éditions Actes Sud

Là où d’autres s’appuient sur une documentation détaillée et le font savoir, Mathaias Enard utilise un fait historique peu connu (il serait plus exact d’écrire un fait que je ne connaissais pas) : Michel Ange, qui n’est pas encore couvert de gloire, rencontre quelques difficultés avec le pape Jules II. On lui propose alors d’aller se faire voire à Constantinople, à la demande du grand sultan, qui aimerait bien le voir construire un pont pour relier les deux rives. Il reste quelques traces de cette visite, « pour le reste, on n’en sait rien », comme l’écrit Mathias Enard. N’étant pas romancier pour rien justement, il fait de cette ignorance des détails le motif de son roman qui raconte donc ce voyage en un peu plus d’une centaine de pages, en une succession de chapitres très courts. A l’image des croquis et des listes que fait Michel Ange là-bas ? Et c’est formidable, le genre de livre à vous faire oublier que vous avez mal à la tête dans le wagon d’un TGV qui vous ramène à Paris après quelques jours de congés (toutes ressemblances avec la vie du lecteur ne serait pas fortuite).
C’est un portrait très réussi de Michel Ange. Ignorant tout de la vie de ce dernier, j’ignore si les éléments biographiques cités sont juste ou non. En tout cas, ils font vrai, plus vrai que le vrai. Ce que Enard réussit c’est à faire partager la vie d’un homme de la Renaissance, qui découvre un monde assez éloigné du sien. Par exemple, le roman montre très bien la tension entre le Michel Ange démiurge et l’artiste, homme de Foi terrorisé par l’idée de péché et d’enfer. Le Michel Ange d’Enard est un homme de tensions, de contradictions, ce qui ne lasse d’étonner quand on pense à l’harmonie de son oeuvre. Mais revenons au roman, loin d’être un homme abstrait, le florentin décrit dans le roman est un être de chair. Le plus réussi du livre vient de l’univers sensoriel découvert par le génial sculpteur du David. On a l’impression d’être à ses côtés, d’éprouver les sensations ressenties par Michel Ange (rappelons que rien ne dit qu’il a ou non éprouvé ce qui est raconté dans le roman).
C’est aussi le portrait d’un homme dans toutes ses contradictions qui est dressé ici : sa rivalité avec son aîné Léonard de Vinci, son orgueil et son ambition ne sont pas ignorées… Tout comme ses problèmes d’argent : on croirait lire des lettres d’écrivains réclamant des à-valoir à leur éditeur !
Et si le pont sera construit, mais soumis aux caprices de la Nature, Michel Ange trouvera sur place une source d’inspiration qui nourrira la suite de son oeuvre, à commencer par le Vatican..
Le récit alterne le travail créatif, la façon dont Michel Ange s’est peu à peu imprégné de l’ambiance de Constantinople et une sorte de monologue tenue par un ou une stambouliote, une jolie variation sur les 1001 nuits.
Quand à l’écriture, elle est classique et élégante, d’une grave poésie. Deux exemples vaudront mieux qu’un long discours : « Et, plus que tout, le dessin, la blessure noire de l’encre, cette carresse crissant sur le grain du papier ». « La vérité c’est qu’il n’y a rien d’autre que la souffrance et que nous essayons d’oublier dans des bras étrangers que nous disparaitrons bientôt ».
Pour résumer, je cours chez un libraire acheter la version de poche de Zone (la fameuse phrase de 500 pages) : Mathias Enard est à suivre de très près. Son Michel Ange m’a fait penser au Xénon de Marguerite Yourcenar…. Pardon pour la référence écrasante….

Chronique réalisée par Christophe Bys



( http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/2010/08/roman-francais/parle-leur-de-batailles-de-rois-et-delephants-de-mathias-enard )

jeudi 10 février 2011

Articles


Michel-Ange, architecte à Constantinople

Mathias Enard (Zone, Actes Sud 2008, Prix Décembre et Prix du ­Livre Inter) a décidément la cote. Son nouveau roman, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants a ­obtenu mardi le Prix Goncourt des lycéens. Certes, il est bien écrit. Certes, le fait historique tiré de l’oubli vaut le détour (le séjour de Michel-Ange à Constantinople en 1506 à l’invitation du sultan Bajazet pour construire un pont sur la Corne d’Or) et certes l’ensemble est ciselé comme une belle pièce de joaillerie. Mais on reste malgré tout sur sa faim. Comme si l’auteur s’était laissé enfermé dans ses propres stratagèmes.
Michel-Ange donc. Le livre s’ouvre sur une apostrophe mystérieuse et envoûtante, d’emblée. Une femme ou un homme, on ne sait pas encore, s’adresse à un homme (on devine Michel-Ange): il y est question de passion, de taverne, de gloire et d’impossible consolation. Car le voyage,véridique, du peintre de la Renaissance italienne à la cour ottomane sera un échec. Et étrangement, dans la relation même de ce séjour, largement imaginé quoique appuyé sur des sources exposées à la fin, l’auteur perd le souffle initial. Et l’on ne se sent pas vraiment concerné par ces tribulations ottomanes.

http://www.curiosphere.tv/video-documentaire/0-toutes-les-videos/109582-reportage-mathias-enard-michel-ange-a-constantinople

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants de Mathias Enard – Le génie et la beauté
13 mai 1506. Laissant derrière lui Jules II, pape guerrier, orgueilleux et mauvais payeur, ainsi que l’œuvre qu’il a entamé pour ce dernier à Rome, Michelangelo Buonarroti débarque à Constantinople invité par Bayezid le Juste1. Le sultan propose au sculpteur de génie une somme faramineuse pour qu’il lui dessine un pont reliant les deux rives du Bosphore. Monumental et enrichissant projet que Michel-Ange accepte afin de fuir l’Italie et ses tracas, mais aussi par défit : avant lui, le dessin de Léonard De Vinci a été refusé par le sultan…
Au-delà du plaisir que le lecteur, amateur d’art ou non, peut ressentir à la découverte des aventures stambouliotes de Michel-Ange, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants interpelle le mythe, l’imaginaire et le fantasme orientaliste à la manière du Salammbô de Flaubert. Le voyage, les riches et équilibrées descriptions, le caravansérail, les danses androgynes, tout concourt au ravissement des sens. Et le trouble que ressent Michel-Ange face à ces beautés, proche, par procuration, de celui qui gagne le lecteur, semble être le miroir du plaisir que fut l’écriture de ce texte par son auteur. En cela, le roman de Mathias Enard est déjà une réussite.
Mais, outre les indications apportées, ou en tout cas suggérées, en matière d’Histoire de l’art (telle exécution qui influença Michel-Ange pour sa scène de David et Goliath ; telle ornementation que l’on retrouvera « dans un recoin de la chapelle Sixtine quelques années plus tard »), Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants est un livre aux multiples lectures, un roman à plusieurs visages. Le lecteur est dans un premier tant frappé par le jeu des oppositions qui s’y développe. Des oppositions qui tiraillent le personnage de Michel-Ange dans ses choix : pape/sultan ; chrétien/musulman ; guerre/poésie ; orient/occident ; homosexualité/hétérosexualité… De fait, l’édification de ce pont apparaît dans le récit comme la métaphorique solution pouvant atténuer les frictions qui hantent le sculpteur, tandis qu’elle semble être chez l’auteur un utopique désir de lier deux mondes antinomiques.

Parmi ce que nous appelons, faute de mieux, ces oppositions, l’une d’entre elles va prendre le dessus dans le roman, non pas en terme de complexité, mais parce qu’elle offre les plus belles pages du livre, le cœur même du récit. Il s’agit de l’amitié aux résonances homosexuelles entre Michel-Ange et le poète de la cour, Mesihi, qui lui tient compagnie et lui sert de guide. La beauté des liens qui vont se tisser entre les deux hommes est abordée par Enard de façon magistrale, esquissant des possibilités, évoquant la naissance du désir sans charger le texte. L’auteur brouille d’ailleurs les pistes jusqu’à ce que le discours de la belle danseuse qui se retrouve dans le lit du sculpteur puisse être celui que le poète Mesihi tiendrait si seulement… Et pourtant, cette fameuse danseuse qui fascina Michel-Ange le sobre, un soir où celui-ci accompagna Mesihi le buveur dans les tavernes, cette danseuse qui rend jaloux le poète n’ignore pas ce que le sculpteur ne voit pas : « Ce n’est pas moi que tu désires. Je ne suis que le reflet de ton ami poète, celui qui se sacrifie pour ton bonheur. » Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants débute par un extrait emprunté au livre de Rudyard Kipling, Au hasard de la vie : « Puisque ce sont des enfants, parle-leur de batailles et de rois, de chevaux, de diables, d’éléphants et d’anges, mais n’omets pas de leur parler d’amour et de choses semblables. » Et Enard a bien suivi ce qui peut apparaître comme une méthode pour raconter une histoire, faire un roman. D’ailleurs, en son sein, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants est également une réflexion sur l’art de conter. Les nombreux et très beaux chapitres qui s’intercalent dans le récit pour faire entendre la danseuse, telle Shéhérazade, narrer à un Michel-Ange prostré contre son corps, silencieux, « fermé comme un coquillage », des contes et des légendes des princes de l’Orient, sont autant de conseils donnés à l’écrivain afin qu’il réussisse à raconter son histoire de sultan, de guerre, d’amour et de voyage. Ce que Mathias Enard réalise brillamment.

http://rhinoceros.eu/2010/08/parle-leur-de-batailles-de-rois-et-d-elephants-de-mathias-enard/

mercredi 9 février 2011

critique de Julie Étienne, du Monde.
Elle juge que le roman est " solennel et gracile à la fois [...] même s'il lui arrive de frôler la préciosité, n'évitant pas toujours un lyrisme et un symbolisme un peu empesés. Il est spécialement convaincant dans l'amour du langage et la foi dans le récit qui circulent entre les protagonistes »

D'autres sur sites CritiquesLibres.com pense que L'Histoire dans l'histoire de Michel-Ange est fabuleuse, on se régale de ces courts chapitres, écrits dans une langue choisie. Michel Ange apparait parfois perdu comme devant la ville, face à la langue ou encore face aux habitudes des habitants. Il apparaît parfois plein de de finesse et d'arrogance comme ses rapports avec le papes Jules II, ou encore parfois génial et fulgurant dans son art et amoureux de sa danseuse dont il ne connaît le nom.
Un Michel Ange humain, avec une base historique et "pour le reste, on ne sait rien" quelle chance : un régal !




lundi 7 février 2011

Article, de la part de Vinoth

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants est le nouveau roman de Mathias Enard, bombe de la rentrée littéraire.

Je les entends déjà rire, et pourtant je ne parlerai que peu de Zone. Paru en août 2008, prix Décembre, prix du Livre Inter, Zone est son précédent roman qui avait été pour moi la sortie de l’année.

Je ne dirai pas que j’ai été déçu par son nouveau roman, mais il est juste de dire qu’il est très différent. Michel-Ange arrive à Constantinople en 1507 pour lancer le chantier d’un gigantesque pont qui reliera les deux rives de la Corne d’Or. Le grand Léonard vient d’y échouer et pour prendre sa place, et surtout par appât du gain, celui qui n’est pas encore le célèbre créateur du plafond de la Chapelle Sixtine, arrive dans cette ville aux portes de l’Orient. Plus qu’un architecte ou qu’un sculpteur, l’homme découvre les joies et les tourments du dilettantisme dans cette cité d’impies qui ne s’appelle plus Constantinople. De retour de longues balades avec ses accompagnateurs mandatés auprès de lui par le Grand Vizir, Michel-Ange s’enferme dans sa chambre pendant des jours et s’abandonne dans des esquisses de détails entrevus dehors. C’est une danseuse venue égayer une soirée à laquelle il participe, qui lui fait découvrir l’amour. Mais s’il n’est pas même parvenu à déceler le sexe de ce corps, Michel-Ange hésite devant la nature des désirs que cet être crée chez lui. Ce n’est pas cet amour qui éveille l’artiste, mais un autre, plus proche et pourtant plus loin de lui, et que la danseuse devenue amante (ou le danseur devenu amant) va lui permettre de découvrir. Nous savons, quand nous connaissons la biographie de cet artiste qui a marqué des générations d’artistes après lui, qu’il a été amoureux d’un homme. Nous découvrons dans ce court texte de Mathias Enard que cet homme, il l’avait connu à Istanbul.

Un roman qui commence léger et termine ténébreux, et qui en ça ressemblerait à son grand frère Zone, mais il n’en est rien. Son écriture est plus simple, moins maniérée même, diront ceux qui avaient détesté Zone, et j’en connais personnellement. On y retrouve bien sûr au moins l’un des sujets de prédilection de l’auteur. Il mentionnait déjà dans Zone cette région géographique qu’est la Méditerranée, et encore plus, les rives orientales de cette mer. Souvenons nous de cet ex-agent secret ressassant à l’occasion d’un ultime voyage en train tous les souvenirs de quinze années de renseignements autour de la Méditerranée. Pour ceux qui l’avaient lu, souvenons nous de La perfection du tir, premier excellent roman de l’auteur et qui mettait en scène un jeune sniper lors d’une guerre civile non citée à aucun moment hors le fait qu’elle se situait dans une région méditerranéenne dans laquelle nous reconnaissions le Liban. Ce garçon encore adolescent est entré dans la guerre et parce qu’il ne connait rien d’autre ne saura jamais comment vivre l’amour qu’il éprouve pour une jeune femme, autrement que dans la violence et les larmes. Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants est pour moi un roman qui aurait pu faire partie de Zone. Il le complète et y ajoute une pincée d’art et de sentiments. À ce même titre, La perfection du tir annonçait Zone en cela que ce pouvait être une histoire rencontrée par l’agent secret.

Michel-Ange peste contre Jules II le pape guerrier et autoritaire qui l’a si mal traité. Michel-Ange est orgueilleux. Michel-Ange a conscience d’être un artiste de valeur. »

« Michel-Ange frémit dans son manteau de laine, le printemps est timide, pluvieux. Michelangelo Buonarroti atteint les frontières de la République de Florence à la seconde heure de la nuit, nous apprend Ascanio Condivi, son biographe ; il s’arrête dans une auberge à trente lieues de la ville.

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants reste un beau roman à lire. Vous y découvrirez un court moment de la longue vie de Michel-Ange et qui pourtant la déterminera jusqu’à sa fin. L’écriture, au delà d’être différente, est très intéressante, et plus travaillée à mon goût que les ouvrages précédant Zone. L’auteur use d’un système de narration cher aux américains et à certains français auxquels Mathias Enard se plait à ressembler. Il n’entre pas dans la psychologie de son personnage ni d’aucun autre. Il décrit les faits, simplement, et au lecteur d’en tirer ses conclusions. Un petit extrait pour en illustrer le propos, tiré du début du roman :

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants est le nouveau roman de Mathias Enard, bombe de la rentrée littéraire.

Je les entends déjà rire, et pourtant je ne parlerai que peu de Zone. Paru en août 2008, prix Décembre, prix du Livre Inter, Zone est son précédent roman qui avait été pour moi la sortie de l’année.

Je ne dirai pas que j’ai été déçu par son nouveau roman, mais il est juste de dire qu’il est très différent. Michel-Ange arrive à Constantinople en 1507 pour lancer le chantier d’un gigantesque pont qui reliera les deux rives de la Corne d’Or. Le grand Léonard vient d’y échouer et pour prendre sa place, et surtout par appât du gain, celui qui n’est pas encore le célèbre créateur du plafond de la Chapelle Sixtine, arrive dans cette ville aux portes de l’Orient. Plus qu’un architecte ou qu’un sculpteur, l’homme découvre les joies et les tourments du dilettantisme dans cette cité d’impies qui ne s’appelle plus Constantinople. De retour de longues balades avec ses accompagnateurs mandatés auprès de lui par le Grand Vizir, Michel-Ange s’enferme dans sa chambre pendant des jours et s’abandonne dans des esquisses de détails entrevus dehors. C’est une danseuse venue égayer une soirée à laquelle il participe, qui lui fait découvrir l’amour. Mais s’il n’est pas même parvenu à déceler le sexe de ce corps, Michel-Ange hésite devant la nature des désirs que cet être crée chez lui. Ce n’est pas cet amour qui éveille l’artiste, mais un autre, plus proche et pourtant plus loin de lui, et que la danseuse devenue amante (ou le danseur devenu amant) va lui permettre de découvrir. Nous savons, quand nous connaissons la biographie de cet artiste qui a marqué des générations d’artistes après lui, qu’il a été amoureux d’un homme. Nous découvrons dans ce court texte de Mathias Enard que cet homme, il l’avait connu à Istanbul.

Un roman qui commence léger et termine ténébreux, et qui en ça ressemblerait à son grand frère Zone, mais il n’en est rien. Son écriture est plus simple, moins maniérée même, diront ceux qui avaient détesté Zone, et j’en connais personnellement. On y retrouve bien sûr au moins l’un des sujets de prédilection de l’auteur. Il mentionnait déjà dans Zone cette région géographique qu’est la Méditerranée, et encore plus, les rives orientales de cette mer. Souvenons nous de cet ex-agent secret ressassant à l’occasion d’un ultime voyage en train tous les souvenirs de quinze années de renseignements autour de la Méditerranée. Pour ceux qui l’avaient lu, souvenons nous de La perfection du tir, premier excellent roman de l’auteur et qui mettait en scène un jeune sniper lors d’une guerre civile non citée à aucun moment hors le fait qu’elle se situait dans une région méditerranéenne dans laquelle nous reconnaissions le Liban. Ce garçon encore adolescent est entré dans la guerre et parce qu’il ne connait rien d’autre ne saura jamais comment vivre l’amour qu’il éprouve pour une jeune femme, autrement que dans la violence et les larmes. Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants est pour moi un roman qui aurait pu faire partie de Zone. Il le complète et y ajoute une pincée d’art et de sentiments. À ce même titre, La perfection du tir annonçait Zone en cela que ce pouvait être une histoire rencontrée par l’agent secret.

Michel-Ange peste contre Jules II le pape guerrier et autoritaire qui l’a si mal traité. Michel-Ange est orgueilleux. Michel-Ange a conscience d’être un artiste de valeur. »

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants reste un beau roman à lire. Vous y découvrirez un court moment de la longue vie de Michel-Ange et qui pourtant la déterminera jusqu’à sa fin. L’écriture, au delà d’être différente, est très intéressante, et plus travaillée à mon goût que les ouvrages précédant Zone. L’auteur use d’un système de narration cher aux américains et à certains français auxquels Mathias Enard se plait à ressembler. Il n’entre pas dans la psychologie de son personnage ni d’aucun autre. Il décrit les faits, simplement, et au lecteur d’en tirer ses conclusions. Un petit extrait pour en illustrer le propos, tiré du début du roman :

« Michel-Ange frémit dans son manteau de laine, le printemps est timide, pluvieux. Michelangelo Buonarroti atteint les frontières de la République de Florence à la seconde heure de la nuit, nous apprend Ascanio Condivi, son biographe ; il s’arrête dans une auberge à trente lieues de la ville.

dimanche 6 février 2011

Voici un extrait de la critique de "chroniques de la rentrée littéraire":

"...C’est aussi le portrait d’un homme dans toutes ses contradictions qui est dressé ici : sa rivalité avec son aîné Léonard de Vinci, son orgueil et son ambition ne sont pas ignorées… Tout comme ses problèmes d’argent : on croirait lire des lettres d’écrivains réclamant des à-valoir à leur éditeur !
Et si le pont sera construit, mais soumis aux caprices de la Nature, Michel Ange trouvera sur place une source d’inspiration qui nourrira la suite de son oeuvre, à commencer par le Vatican..
Le récit alterne le travail créatif, la façon dont Michel Ange s’est peu à peu imprégné de l’ambiance de Constantinople et une sorte de monologue tenue par un ou une stambouliote, une jolie variation sur les 1001 nuits.
Quand à l’écriture, elle est classique et élégante, d’une grave poésie. Deux exemples vaudront mieux qu’un long discours : « Et, plus que tout, le dessin, la blessure noire de l’encre, cette carresse crissant sur le grain du papier ». « La vérité c’est qu’il n’y a rien d’autre que la souffrance et que nous essayons d’oublier dans des bras étrangers que nous disparaitrons bientôt »..."

Voici une critique du site le globe-lecteur :

« Dix-sept grandes statues de marbre, des centaines de mètres carrés de fresques, une chapelle, une église, une bibliothèque, le dôme du plus célèbre temple du monde catholique, plusieurs palais, une place à Rome, des fortifications à Florence, trois cent poèmes, sonnets et madrigaux, autant de dessins et d’études, un nom associé à jamais à l’Art, à la Beauté et au Génie » : voici l’inventaire précis que dresse Mathias Enard des réalisations de Michel-Ange, le peintre, l’architecte, le sculpteur de la Renaissance – s’il fallait encore le présenter.

Car Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants traite bien de Michel-Ange, de son supposé séjour à Constantinople, en 1506, alors qu’il fuit le pape Jules II pour lequel il dessinait le plan d’un tombeau – le tout, sans avoir touché un sou. Las, le célèbre sculpteur de David répond à la proposition du sultan Bajazet de venir construire un pont qui enjamberait la Corne d’Or. Mais ce n’est pas pour découvrir les rives du Bosphore que l’artiste s’engage : flatté de passer après Leonard de Vinci, dont le projet fut refusé, c’est l’appât du gain et de la célébrité mondiale qui le jette dans le dédale des rues de Constantinople.

Mathias Enard dresse le portrait d’un homme vaniteux, orgueilleux, colérique, névrosé, solitaire, manquant cruellement d’assurance : « c’est peut-être dans la frustration qu’on peut trouver l’énergie de son art » nous dit-il. Il préfère gratter la couche de vernis surplombant la légende pour mettre le doigt sur l’humanité de l’artiste plutôt que de combler d’éloges un être supposé supérieur. Ses problèmes d’argent, ses sautes d’humeur, ses angoisses, sa peur maladive du complot, ses pannes d’inspiration, sa propre condition d’homme sont autant de palettes avec lesquelles Mathias Enard compose des chapitres, qui constituent autant de voies de passage entre l’homme et l’artiste. Tout le projet d’Enard tient peut-être dans cette phrase: « le sculpteur sans égal, futur peintre de génie et immense architecte n’est plus qu’un corps, tordu par la peur et la nausée ». Michel-Ange dans sa condition humaine, avant tout.

Enard nous confirme, à la fin de Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants (mais on l’avait quand même bien deviné) que le roman n’est pas précisément un récit historique. Il s’est pourtant appuyé autant qu’il le pouvait sur des vérités : ainsi, il traduit des lettres, reproduit des dessins, s’appuie sur la biographie de Michel-Ange par Ascanio Condivi, mais c’est ainsi, « pour le reste, on n’en sait rien ». A partir de là, Mathias Enard peut nous emmener là où bon lui semble, la fiction peut s’emparer des faits dans les règles de l’art.

Alors, l’auteur livre Michel-Ange aux assauts de l’amour, qui le laissent de marbre. Les affres du désir. Avec une écriture et un style sensuels, Mathias Enard donne vie à un être androgyne, à un poète transi d’amour pour le sculpteur, qui sont l’occasion de multiplier les points de vue, de raconter d’autres histoires, à propos de batailles, de rois et d’éléphants, qui comptent parmi les passages les plus lyriques du livre, les plus jouissifs, de ceux qui laisseront un souvenir impérissable: « Je sais que les hommes sont des enfants qui chassent leur désespoir par la colère, leur peur dans l’amour ; au vide, ils répondent en construisant des châteaux et des temples. Ils s’accrochent à des récits, ils les poussent devant eux comme des étendards ; chacun fait sienne une histoire pour se rattacher à la foule qui la partage ».

Même les descriptions de cette ville aux saveurs colorées qu’est Constantinople sont emplies de lyrisme, d’une force poétique : « la Corne d’Or se perd dans des méandres de brume obscure, et, à l’est, le Bosphore dessine une barrière grise dominée par les épaules sombres de Sainte-Sophie, gardienne du fossé qui les sépare de l’Asie ».

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants interroge les limites de l’artiste face à son œuvre, le processus de création, et en profite pour revisiter un mythe. Assurément, un roman de la rentrée à ne pas manquer. Puisse Mathias Enard nous parler encore longtemps d’autres batailles, d’autres rois et d’autres éléphants.

http://www.leglobelecteur.fr/index.php?post/2010/08/27/Mathias-Enard-Parle-leur-de-batailles%2C-de-rois-et-d-%C3%A9l%C3%A9phants

C'est la version raccourcie d'un article critique écrit par Vincent Jolit

13 mai 1506. Laissant derrière lui Jules II, pape guerrier, orgueilleux et mauvais payeur, ainsi que l'oeuvre qu'il a entamé pour ce dernier à Rome, Michelangelo Buonarroti débarque à Constantinople invité par Bajazet le Juste. Le sultan propose au sculteur de génie une somme faramineuse pour qu'il lui dessine un pont reliant les deux rives du Bosphore. Monumental et enrichissant projet que Michel Ange accepte afin de fuir l'Italie et ses tracas, mais aussi par défi: avant lui, le dessin de Léonard de Vinci a été refusé par le sultan...

Au-delà du plaisir que le lecteur, amateur d'art ou non, peut ressentir à la découverte des aventures stambouliotes de Michel-Ange, Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants interpelle le mythe, l'imaginaire et le fantasme orientaliste à la manière du Salammbô de Flaubert. Le voyage, les riches et équilibrées descriptions, le caravansérail, les danses androgynes, tout concourt au ravissement des sens. Et le trouble que Michel-Ange ressent face à ces beautés, proche, par procuration, de celui qui gagne le lecteur, semble être le miroir du plaisir que fut l'écriture de ce texte par son auteur. En cela, le roman de Mathias Ennard est déjà une réussite.

Mais, outre les indications apportées, ou en tout cas suggérées, en matière d'Histoire de l'Art (telle l'éxecution qui influença Michel-Ange pour sa scène de David et Goliath ; telle ornementation que l'on retrouvera "dans un recoin de la chapelle Sixtine quelques années plus tard"), Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants est un livre aux multiples lectures, un roman à plusieurs visages. Le lecteur est dans un premier temps frappé par le jeu des oppositions qui s'y dévloppe. Des oppositions qui tiraillent Michel-Ange dans ses choix: pape/sultan, chrétien/musulman, orient/occident, homosexualité/hétérosexualité... De fait, l'édification de ce pont apparaît dans le récit comme la métaphorique solution pouvant atténuer les frictions qui hantent le sculpteur, tandis qu'elle semble être chez l'auteur un utopique désir de lier deux mondes antinomiques.

Voici une critique du site Canal Street (Canal+)

Florence 1506 : Michelangelo Buonarroti n'est pas encore le grand Michel-Ange. Il n'a pas peint le plafond de la chapelle Sixtine, ni terminé le tombeau de Jules II. D'ailleurs il ne veut pas. Pourquoi continuer s'il n'est pas payé ? Son nom commence à se faire connaître en Europe, il a créé l'imposant David, sculpture parfaite de la Renaissance italienne.
Alors quand le Sultan Bayazid l'invite à construire un pont sur la Corne d'Or, comment peut-il décliner cette offre suprême ? Ainsi s'ouvre un chapitre de la vie de Michel-Ange qui se déroule dans une Constantinople magique et majestueuse.

C’est avec une écriture simple, dans un style esthétique et poétique, impeccablement subtil, que Mathias Enard nous fait découvrir l’âme de Constantinople et Michel-Ange, pas seulement le créateur d’un Art inédit mais aussi l’homme dans tout son être.
Les odeurs des épices, la douceur des tissus, la mélodie du saz ou encore l’air marin du Bosphore effleurent nos sens et nous obsèdent jusqu’à nous troubler. Les marchandises venues de tous parts « …huile de Mytilène, savons de Tripoli, riz d'Égypte, mélasse de Crète, tissus d’Italie, charbon d’Izmit » sont une séduisante invitation au voyage.


http://canalstreet.canalplus.fr/actu/da-vinci-blog/parle-leur-de-batailles-de-rois-et-d-elephants-le-dernier-prix-goncourt-des-lyceens

samedi 5 février 2011

Article sur le roman de Mathias Enard

Voici une critique du site Rhinocéros:

"Au-delà du plaisir que le lecteur, amateur d’art ou non, peut ressentir à la découverte des aventures stambouliotes de Michel-Ange, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants interpelle le mythe, l’imaginaire et le fantasme orientaliste à la manière du Salammbô de Flaubert. Le voyage, les riches et équilibrées descriptions, le caravansérail, les danses androgynes, tout concourt au ravissement des sens. Et le trouble que ressent Michel-Ange face à ces beautés, proche, par procuration, de celui qui gagne le lecteur, semble être le miroir du plaisir que fut l’écriture de ce texte par son auteur. En cela, le roman de Mathias Enard est déjà une réussite."


"Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants débute par un extrait emprunté au livre de Rudyard Kipling, Au hasard de la vie : « Puisque ce sont des enfants, parle-leur de batailles et de rois, de chevaux, de diables, d’éléphants et d’anges, mais n’omets pas de leur parler d’amour et de choses semblables. » Et Enard a bien suivi ce qui peut apparaître comme une méthode pour raconter une histoire, faire un roman. D’ailleurs, en son sein, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants est également une réflexion sur l’art de conter. Les nombreux et très beaux chapitres qui s’intercalent dans le récit pour faire entendre la danseuse, telle Shéhérazade, narrer à un Michel-Ange prostré contre son corps, silencieux, « fermé comme un coquillage », des contes et des légendes des princes de l’Orient, sont autant de conseils donnés à l’écrivain afin qu’il réussisse à raconter son histoire de sultan, de guerre, d’amour et de voyage. Ce que Mathias Enard réalise brillamment."

http://rhinoceros.eu/2010/08/parle-leur-de-batailles-de-rois-et-d-elephants-de-mathias-enard/


Céline VIN
Voici une critique de Télérama:
Un extrait:
"Il [Michel-Ange] trace des mains aussi, qui trahissent la fidélité ou le désir. Michel-Ange s'ennuie, doute, s'emporte, habitué à se méfier de ceux qui l'entourent, lui qui sait d'expérience combien les complots et les jalousies peuvent soudain surgir. Il est d'un autre monde, d'une autre culture, et n'est réellement à l'aise que penché sur ses carnets. Ni l'amitié d'un poète, ni l'ondoiement d'un corps de danseuse qui s'offre à lui, ni le vin capiteux des tavernes, ni même les promesses d'argent ne parviennent à le rassurer. L'artiste attend, et semble se confier au lecteur.
C'est un voyage merveilleux auquel nous convie l'auteur, rythmé par les clameurs et les chuchotements, baigné de couleurs et de parfums."

http://www.telerama.fr/livres/mathias-enard-parle-leur-de-batailles-de-rois-et-d-elephants,59095.php
Céline